Sur la scène du «Zénith» de Toulouse, Nathanaël Chadouteau, 15 ans, ne peut cacher ni sa joie, ni son émotion. Le jeune Charentais de Fontclaireau, dans le nord du département, vient de passer cinq jours avec Gérald Dahan. Il est à ses côtés pour la photo souvenir au moment de la répétition du spectacle du soir. Cinq jours en «stage découverte» inscrit au programme de 3e des collèges. L'ado a demandé à Gérald Dahan «parce qu'il veut devenir humoriste».
Comme le célèbre imitateur est lui aussi charentais, il lui fallait tenter sa chance. Ce fut une affaire d'opiniâtreté, pour aboutir à une rencontre lors d'un passage de l'humoriste à Cognac, sa ville natale. «J'ai accepté de prendre Nathanaël en stage, parce qu'il a insisté, et que je me suis revu à son âge faire le forcing auprès de vedettes invitées par le Festival du film policier,dont certaines m'ont donné de précieux conseils» explique Gérald Dahan.
Et il décide de faire découvrir le métier à Nathanaël. À Paris et en tournée. «C'était mon premier voyage à Paris, raconte le jeune garçon. C'est plus stressant que chez nous!».
Le premier jour est consacré à la théorie. «Comment créer une affiche, monter un spectacle, trouver un sponsor. Mais aussi découvrir l'envers des paillettes, l'énorme investissement en amont» explique Nathanaël. Avec soirée au théâtre pour finir la journée.
Le deuxième jour, visite au Pôle emploi avec explication du statut d'intermittent du spectacle. «Monsieur Dahan m'a ensuite questionné sur ce que j'avais vu et entendu». «Pour m'assurer qu'il était observateur, attentif à ce qui l'entoure» explique l'artiste.
«De même que je lui ai demandé d'interviewer ma soeur Mélanie, chorégraphe et régisseuse de plateau, pour exercer son esprit de synthèse». Une soirée au «Théâtre des variétés» pour «Un Dîner de cons», suivie d'une rencontre avec les acteurs, dont Chevalier et Laspalès, permettent à Nathanaël d'engranger ses premiers conseils, de se frotter à leurs débuts dans le métier.
«Bonne chance Natchad!»
L'apprenti humoriste entre dans le vif du sujet le troisième jour. En regardant travailler Gérald Dahan. «Une demi-heure avant d'entrer en scène, il modifie encore son texte». En interrogeant son coauteur, Vincent Martigny. «Ils écrivent chacun de leur côté, puis mettent tout en commun, modifient, réécrivent les textes».
Et les premiers conseils de «Monsieur Dahan» arrivent enfin. «Soit toujours à l'écoute de l'info, radio, télé, journaux. Tourne ce que tu entends en drôlerie, et teste-le auprès de tes proches». «Ah! Et puis aussi sois toujours très ponctuel». Sourire de Nathanaël, déjà observateur à l'oeil critique. «Il a eu plus d'une demi-heure de retard au "Zénith", on a loupé un train et un avion. Cela dit à Toulouse, les 6.000 personnes lui ont fait une ovation et il a eu les félicitations des organisateurs du festival "Le printemps du rire"».
La veille déjà à Bordeaux, l'humoriste avait impressionné celui qu'il appelle «son élève». «La moitié du spectacle était consacrée à la vie de l'entreprise pour laquelle il jouait, avec des éléments collectés dans la journée. Il est toujours sur son ordinateur ou sur son portable en train d'écrire, de noter».
Alors, toujours décidé à monter sur scène le jeune Nathanaël, déjà fidèle à ses cours de théâtre depuis la 6e ? «Plus que jamais . J'ai appris comment on organise un spectacle, comment on écrit un sketch. Tous les miens sont à revoir, au moins dans leur construction. J'ai aussi appris comment rester humble, ne pas prendre la grosse tête».
Gérald Dahan l'assure: «Nathan-aël est déterminé et je salue ses parents pour leur soutien. C'est une grande chance pour lui. J'ai eu la même. Il a découvert le métier, maintenant il lui faut l'apprendre. C'est une autre étape». Et il a comblé de joie Nathanaël en lui envoyant ce message: «Bonne chance Natchad!». Surnom donné par un copain au débutant et choisi par ce dernier comme nom de scène.